Qu'est-ce que la promession ?

La promession, également appelée lyophilisation funéraire ou parfois cryomation, est un procédé funéraire qui consiste à transformer le corps d'une personne décédée en fines particules organiques par le froid extrême. Son nom vient de l'italien promessa, « promesse », choisi par sa créatrice en référence à la promesse de retour à la terre.

Cette technique a été développée à la fin des années 1990 par la biologiste suédoise Susanne Wiigh-Mäsak, dans la ville de Jönköping, au sud de la Suède. Décédée en septembre 2020, elle a laissé derrière elle un procédé breveté, aujourd'hui exploité par l'entreprise Promessa Organic AB qu'elle avait fondée en 2001.

L'idée fondatrice est simple : offrir une alternative funéraire respectueuse de l'environnement, qui permet au corps du défunt de retourner à la terre sous forme de compost naturel, sans émission de gaz toxiques, sans produits chimiques et sans consommation massive d'énergie. La promession s'inscrit ainsi dans la même logique que l'humusation ou l'aquamation, d'autres méthodes écologiques encore peu répandues.

Contrairement à la crémation, qui utilise le feu à haute température, la promession repose entièrement sur l'azote liquide et sur une transformation par le froid. Le résultat final est similaire (une poudre organique placée dans une urne biodégradable), mais le processus et son impact environnemental diffèrent radicalement.

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Comment se déroule le processus de promession ?

Le procédé de la promession suit un protocole précis en plusieurs étapes, conçu pour limiter l'empreinte écologique tout en préservant la dignité du défunt.

 

Étape 1 : la congélation initiale

Le corps du défunt est d'abord placé dans une chambre froide à une température d'environ -18 °C, généralement pendant une dizaine de jours. Cette phase de congélation préparatoire permet de stabiliser la dépouille avant le traitement principal.

 

Étape 2 : le bain d'azote liquide

Le corps est ensuite extrait de son cercueil temporaire et plongé dans un bain d'azote liquide à -196 °C. À cette température extrême, les tissus deviennent totalement cristallisés et fragiles, comme du verre. Cette cryogénisation ne nécessite aucun produit chimique : l'azote, présent naturellement dans l'atmosphère à 78 %, s'évapore sans aucun rejet polluant.

 

Étape 3 : la fragmentation par vibration

Le corps cristallisé est alors déposé sur une table vibrante. Sous l'effet de légères vibrations mécaniques, il se fragmente en particules fines, sans aucune combustion ni produit chimique. Cette étape, spectaculaire dans son efficacité, réduit le corps à environ 30 % de sa masse initiale.

 

Étape 4 : la déshydratation

Les particules obtenues sont ensuite lyophilisées, c'est-à-dire totalement débarrassées de leur eau. Cette phase de séchage produit une poudre fine, sèche et inodore, stable dans le temps.

 

Étape 5 : le retrait des éléments métalliques

Un puissant aimant est passé au-dessus de la poudre pour récupérer tous les résidus métalliques : prothèses dentaires, broches chirurgicales, pacemakers. Ces éléments sont recyclés lorsque c'est possible.

 

Étape 6 : la mise en urne biodégradable

Les particules organiques sont enfin placées dans une urne biodégradable en fécule de maïs ou en matériau naturel. Cette urne est ensuite remise à la famille.

 

Étape 7 : l'inhumation écologique

L'urne est déposée en terre à faible profondeur, généralement entre 30 et 50 centimètres, dans un sol vivant. Un arbre, un arbuste ou une plante peut être planté au-dessus. En douze à dix-huit mois environ, l'urne et son contenu sont intégralement assimilés par la terre, transformés en terreau fertile qui nourrit la plantation.

Les centres où s'effectue la promession sont appelés promatoriums, par analogie avec les crématoriums.

le feu et la neige pour représenter la différence entre la promession et la crémation

Promession et crémation : quelles différences ?

Bien que la promession et la crémation aboutissent toutes deux à une urne que la famille peut inhumer ou conserver, les deux procédés s'opposent sur presque tous les plans.

La crémation repose sur le feu, avec une température d'environ 850 °C maintenue pendant 90 minutes. Elle consomme une quantité importante de gaz ou de fioul, libère du CO₂ et peut émettre des substances toxiques lorsque le défunt portait des amalgames dentaires au mercure. Elle nécessite en outre l'utilisation d'un cercueil complet, généralement en bois.

La promession repose au contraire sur le froid, avec de l'azote liquide produit sans ressources fossiles. Elle n'émet aucun CO₂, aucune vapeur toxique, et se passe totalement de cercueil en bois. Son empreinte carbone est donc nettement inférieure à celle de la crémation, et infiniment moindre que celle de l'inhumation traditionnelle, qui consomme du bois pour le cercueil, du granit pour la pierre tombale et du terrain pour la concession.

Selon une étude chinoise publiée en 2022, la promession consomme significativement moins d'énergie et émet beaucoup moins de gaz à effet de serre que toutes les formes de crémation actuellement pratiquées.

Pourquoi la promession est-elle interdite en France en 2026 ?

C'est la question que se posent de nombreuses familles séduites par ce procédé : la promession est-elle autorisée en France ? La réponse, en 2026, reste non.

La législation funéraire française est parmi les plus strictes au monde. Elle ne reconnaît actuellement que deux modes de sépulture : l'inhumation et la crémation. La loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire a d'ailleurs conféré aux cendres issues de la crémation un statut et une protection juridiques comparables à ceux d'un corps inhumé. Aucune disposition ne prévoit à ce jour l'autorisation de la promession.

Plusieurs obstacles juridiques expliquent cette interdiction. D'abord, la loi française impose l'utilisation d'un cercueil pour tout corps destiné à l'inhumation ou à la crémation, ce qui est incompatible avec le processus de promession. Ensuite, le statut juridique des particules organiques issues du procédé n'existe pas dans le droit français : les cendres de crémation bénéficient d'un cadre légal, pas la poudre issue de la lyophilisation.

En 2016, la question avait été soulevée à l'Assemblée nationale. Le député Jean Leonetti, spécialiste des questions éthiques liées à la fin de vie, avait alors indiqué que l'autorisation de ce procédé « soulèverait des questions importantes » en raison précisément de l'absence de statut juridique des particules restantes. Depuis, aucun texte législatif n'a fait évoluer la situation.

Dans quels pays la promession est-elle autorisée ? Elle est reconnue légalement en Suède (son pays d'origine), en Allemagne, au Royaume-Uni, en Corée du Sud, en Afrique du Sud, au Canada et dans certains États des États-Unis. Elle est par ailleurs à l'étude aux Pays-Bas et dans plusieurs autres pays européens.

Les avantages de la promession

La promession présente plusieurs atouts qui expliquent l'intérêt grandissant qu'elle suscite auprès des familles soucieuses de l'écologie et des dernières volontés de leurs proches.

 

Un impact environnemental réduit

C'est le principal argument en faveur de la promession. Le procédé n'émet aucun CO₂, aucun gaz à effet de serre, aucune vapeur toxique. Il ne nécessite pas de cercueil en bois, donc pas de déforestation, ni de thanatopraxie, évitant ainsi l'usage de formol, substance chimique classée cancérogène qui peut contaminer les nappes phréatiques lors des inhumations traditionnelles.

 

Un retour à la terre authentique

L'urne biodégradable et son contenu se transforment en compost fertile en un peu plus d'un an, nourrissant un arbre ou un arbuste planté au-dessus. Pour de nombreuses familles, cette dimension symbolique, redonner vie après la mort, prend tout son sens.

 

Une contribution au désengorgement des cimetières

Les cimetières français sont saturés dans de nombreuses communes. La promession, en permettant une inhumation à faible profondeur et sur une durée biologique courte, pourrait contribuer à alléger cette pression foncière.

 

Des économies potentielles

En l'absence de cercueil, de soins de conservation et de monument funéraire imposant, la promession représenterait un coût global inférieur aux funérailles traditionnelles. Les estimations évoquent des économies pouvant atteindre 2 000 euros par rapport à des obsèques classiques, selon la configuration choisie.

une forêt qui représente le coté écologique de la promession

Les limites et critiques de la promession

Malgré ses atouts, la promession suscite aussi des réserves, qu'il faut connaître pour se forger une opinion éclairée.

 

Une technologie peu déployée

Même dans les pays où elle est légale, la promession reste confidentielle. Peu de promatoriums ont été construits à l'échelle mondiale, ce qui limite l'accessibilité du procédé pour la majorité des familles.

 

Un coût d'infrastructure élevé

Si la promession est moins coûteuse que les funérailles traditionnelles pour la famille, elle nécessite des installations techniques sophistiquées (production d'azote liquide, chambres cryogéniques, tables vibrantes) dont le coût d'implantation freine le déploiement.

 

Des réticences culturelles et religieuses

Certaines traditions religieuses, notamment catholiques et musulmanes, privilégient l'inhumation du corps intact. La fragmentation mécanique du corps par la promession peut heurter ces sensibilités, comme ce fut le cas lors de l'acceptation progressive de la crémation.

 

Un flou juridique persistant

En France, tant que la loi n'aura pas créé un statut juridique spécifique pour les particules organiques issues du procédé, son autorisation reste improbable à court terme.

Promession et autres alternatives funéraires écologiques

La promession n'est pas la seule alternative écologique aux funérailles traditionnelles. D'autres méthodes émergent à travers le monde.

L'aquamation (ou hydrolyse alcaline) utilise une solution alcaline chaude pour dissoudre les tissus organiques, ne laissant que les ossements qui sont ensuite réduits en poudre. Autorisée dans plusieurs États américains et au Canada, elle reste interdite en France.

L'humusation consiste à placer le corps, enveloppé d'un linceul biodégradable, sur un lit de copeaux de bois. En douze mois environ, le corps se transforme en terreau fertile par un processus naturel de compostage. Débattue en Belgique depuis plusieurs années, elle n'est pas non plus autorisée en France.

Les cercueils biodégradables (en carton, en osier, en bambou) représentent une alternative plus modeste mais déjà autorisée en France, de même que les funérailles en forêt ou dans des cimetières naturels, encore rares mais en développement.

Questions fréquentes sur la promession

L'essentiel à retenir

La promession est une technique funéraire écologique développée en Suède à la fin des années 1990 par la biologiste Susanne Wiigh-Mäsak. Elle repose sur la cristallisation du corps dans de l'azote liquide à -196 °C, puis sur sa fragmentation par vibration et sa lyophilisation, produisant une fine poudre organique placée dans une urne biodégradable inhumée en terre vivante. Ce procédé, qui représente une alternative plus écologique que la crémation, reste cependant interdit en France en 2026, où seules l'inhumation et la crémation sont autorisées. Son avenir dépendra d'une évolution législative qui, à ce jour, n'est pas engagée.

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